Après une première intervention en juin, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) revient à la charge. Par une correspondance datée du 25 juillet 2025, Me Jean Wilner Morin relance le directeur général de la Police Nationale d’Haïti, Normil Rameau, au sujet des 39 mois d’arriérés de salaires que réclament des employés administratifs de l’institution policière.
Suite à l’alerte lancée par le journaliste Dénel Sainton au début du mois de juin, le protecteur du citoyen, Me Jean Wilner Morin, poursuit ses démarches en faveur des employés civils de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Dans une nouvelle lettre adressée ce 25 juillet 2025 au directeur général de la PNH, Me Morin exprime sa vive préoccupation concernant la situation de plusieurs agents administratifs qui affirment n’avoir pas été payés depuis plus de trois ans.
Dans sa correspondance, l’OPC rappelle qu’il agit en vertu de la Constitution de 1987 et de la loi de mai 2012 sur la protection des droits humains. Il évoque une plainte en date du 5 juin 2025, soulignant que cette situation constitue une atteinte grave à la dignité humaine. Me Morin précise que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le ministre de la Justice Patrick Pélissier ont été saisis du dossier depuis cette même date.
L’OPC dit compter désormais sur la diligence du directeur général Rameau Normil pour que ces pères et mères de famille puissent, dans les meilleurs délais, toucher les salaires qui leur sont dus. L’Office insiste sur l’urgence d’un dénouement rapide, d’autant plus que la rentrée scolaire approche et que de nombreuses familles concernées se retrouvent dans des situations financières dramatiques.
Cette nouvelle relance fait suite à une première réaction rapide de l’OPC dès le 5 juin 2025, à la suite de la lettre ouverte de Dénel Sainton. Le protecteur du citoyen avait déjà demandé à la PNH de fournir toutes les informations nécessaires sur le dossier. Il avait aussi recommandé que, si les faits étaient avérés, des mesures concrètes soient prises pour garantir aux employés leur droit fondamental à la rémunération.
Pour le journaliste de Radio Télévision Caraïbes, il ne s’agit pas seulement d’un problème administratif, mais d’une « violation flagrante des droits humains ». Il dénonce des cas de dépression, de recours à l’endettement et d’abandon des fonctions, alors même que ces employés contribuent au bon fonctionnement de l’institution policière.
C'est le protecteur adjoint Me Auguste Amoce qui a signé cette correspondance pour Me Morin dont des copies ont également été transmises à la Primature et au ministère de la Justice.
Reste à savoir quelle suite sera donnée au dossier. Toutefois, la semaine dernière, la presse a largement relayé l’information selon laquelle plus de 175 millions de gourdes auraient été alloués à l’institution policière pour des opérations. Face à ces révélations, la PNH a rapidement réagi pour apporter des précisions, selon lesquelles ces fonds ne lui auraient pas été entièrement versés.
Wideberlin Sénexant
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