Annoncé depuis plusieurs mois, le départ d'une cohorte de 150 militaires haïtiens, recrutés lors de la dernière campagne, est désormais une réalité. Ce jeudi 24 juillet 2025, ces soldats, dont 15 femmes, ont été salués sur le tarmac de l'aéroport Toussaint Louverture avant de s’envoler pour le Mexique.
Selon la Primature, ce premier contingent bénéficiera d’une formation militaire intensive de trois mois dans le cadre d’un programme de coopération bilatérale entre Haïti et le Mexique.
Avant leur départ, les militaires ont été salués par le président du Conseil Présidentiel de Transition, Fritz Alphonse Jean, accompagné du Premier ministre haïtien, Didier Fils-Aimé, du ministre de la Défense Jean-Michel Moïse, ainsi que de plusieurs hauts responsables civils et militaires.
Dans une note officielle, la Primature qualifie ce départ de « jalon historique dans la reconstruction de nos forces de défense et dans la lutte pour la stabilité nationale ».
Les soldats ont été embarqués à bord d'avions C-295 de la Force aérienne mexicaine, envoyés spécialement à Port-au-Prince pour cette opération. Comme l’avait annoncé le ministre de la Défense, il s’agit des premières recrues de la troisième promotion de soldats formés dans le cadre de cette collaboration avec l’armée mexicaine.
Très attendue, cette formation marque un tournant concret dans le processus de réactivation des Forces Armées d’Haïti (FAD’H). Selon les informations relayées par la Primature, le programme vise à former au total près de 700 militaires haïtiens.
Il convient également de rappeler que, le lundi 21 juillet dernier, 30 militaires haïtiens ont été envoyés en formation en Martinique, dans le cadre d’une politique plus large de professionnalisation et de renforcement des capacités opérationnelles des FAD’H.
Former les forces de l’ordre revêt une importance capitale dans un contexte où l’insécurité s’intensifie de jour en jour. La crise s’aggrave, et la Police nationale d’Haïti, à elle seule, semble dépassée, peinant à contenir la montée de la violence.
Malgré des interventions parfois saluées, les forces de l’ordre continuent de subir de lourdes pertes. Les policiers tombent, blessés ou tués dans des opérations de plus en plus périlleuses. Le dernier drame en date s’est produit à Liancourt, où près de 3 agents ont été tués et humiliés par des gangs après que leur blindé a été pris en embuscade puis incendié.
Face à ces pertes déchirantes, une population meurtrie, réfugiée dans des camps insalubres, voit chaque jour son espoir s'effriter. À chaque attaque, les morts s'ajoutent à une longue liste, rappelant cruellement l’urgence de renforcer, professionnaliser et soutenir les institutions sécuritaires du pays.
Wideberlin Sénexant
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