PubGazetteHaiti202005

Pierre Espérance en mission aux États Unis pour mobiliser la communauté internationale  face à la crise sécuritaire et politique du pays

Pierre Espérance et Ramdin

Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), est actuellement en mission aux États-Unis. Invité par Human Rights Watch, il en a profité pour  rencontrer  des responsables de l’Organisation des États américains (OEA) et de la CARICOM. Il voulait discuter de la grave crise sociopolitique que traverse Haïti, marquée par une forte insécurité et une instabilité politique persistante.


Pierre Espérance qui a parlé notre rédaction a confirmé avoir rencontré plusieurs ambassadeurs caribéens accrédités auprès de l’Organisation des États Américains (OEA), lors des premières discussions tenues le mardi 22 juillet 2025. Selon lui, les échanges ont porté essentiellement sur la situation alarmante en Haïti, caractérisée par une crise sécuritaire aiguë et une instabilité politique durable.


De plus, au cours de ces échanges, Pierre Espérance dit avoir dénoncé l’inefficacité du Conseil présidentiel de transition (CPT), composé de neuf membres, dont plusieurs seraient impliqués dans des dossiers de corruption. « Nous avons un conseil de neuf personnes, mais aucun résultat concret n’en découle. Plusieurs conseillers sont poursuivis pour corruption. Tous les grands chantiers prévus pour la transition sont restés sans suite, alors que leur mandat prend fin le 7 février 2026 », a-t-il regretté.


Toujours selon ses propos, hier mercredi 23 juillet, Pierre Espérance a poursuivi ses rencontres avec des personnalités influentes du Département d’État américain. Hier jeudi 24 juillet, il s'est  entretenu avec Albert Ramdin, secrétaire général de l’OEA, afin de lui faire part des graves préoccupations des communautés haïtiennes, confrontées à la violence des gangs et à l’absence quasi totale de services de base.


« La violence des gangs, l’impunité devenue une norme, l’absence de services essentiels de soin et de sécurité mettent en danger la vie de nos compatriotes. Nous attendons de l’OEA un engagement concret », insiste Pierre Espérance rappelant que les USA ont remis le dossier de la crise à l'OEA.


Au-delà de la crise interne, il aborde aussi la situation des migrants haïtiens menacés d’expulsion par l’administration américaine. Sur ce point, il réclame un moratoire temporaire sur les opérations de déportations. « J'ai discuté avec une délégation de congressmen américains pour demander un moratoire sur les expulsions, afin de protéger ces familles vulnérables », annonce-t-il.



Dans le cadre de sa mission aux États-Unis, le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, a rencontré plusieurs ambassadeurs et représentants permanents de pays de la Caraïbe accrédités auprès de l’OEA et des États-Unis. Parmi eux figurent les représentants de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, de la Grenade, de Saint-Kitts-et-Nevis, des Bahamas, du Guyana, de la Dominique, de Trinité-et-Tobago ainsi que d’Antigua-et-Barbuda.


Dans son plaidoyer pour un véritable dialogue et une lutte efficace contre l’insécurité, Pierre Espérance insiste sur l’importance du rôle de l’OEA dans la sortie de crise en Haïti. Selon lui, puisque l’Organisation des États Américains s’est engagée à accompagner le pays, elle doit désormais initier un dialogue avec le Conseil présidentiel de transition de 9 membres et le chef du gouvernement Alix Didier Fils Aimé. Il appelle ces derniers à reconnaître l’échec de l’accord du 3 avril et à coopérer de manière responsable pour faire avancer les réformes nécessaires et remettre Haïti sur la voie de la bonne gouvernance..


Il dresse un constat sévère du bilan du CPT : « Il est complètement impossible pour le CPT et le gouvernement de respecter l’accord du 3 avril pour une mission qui s’achève le 7 février 2026. Le bilan de plus d’un an est catastrophique. Ce n’est pas en six mois qu’ils vont résoudre les problèmes. »



Le responsable du RNDDH dénonce un leadership défaillant face à la détresse croissante de la population haïtienne. Selon lui, le manque d’engagement de la part des dirigeants accentue la crise. « Il n’y a pas de leadership. Trop de personnes au sein de la présidence ne pensent qu’à leurs intérêts personnels. Pendant ce temps, le peuple souffre. Les autorités restent centrées sur elles-mêmes », fustige-t-il. Il souligne aussi le manque de moyens pour les forces de l’ordre : « Les policiers veulent assurer la sécurité, mais ils n’en ont pas les moyens », déplore-t-il.



Cette tournée aux États-Unis vise à mobiliser la communauté internationale, en particulier le gouvernement américain et les pays de la Caraïbe, pour une intervention plus coordonnée et efficace face aux défis majeurs que traverse Haïti.



 

 

Par Arnold Junior Pierre

Politique

Culture

Economie

Sport