PubGazetteHaiti202005

Violence des gangs à Port-au-Prince: près de 60 000 déplacements forcés enregistrés en un mois, selon l’OIM

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Près de 60 000 personnes ont fui leurs maisons dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince en seulement un mois, selon un rapport de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) publié ce mardi.


Depuis mi-février les gangs ont intensifié leurs violences dans la capitale haïtienne. Ces derniers ont attaqué plusieurs quartiers de Port-au-Prince dont Delmas 30, 19, Tabarre 27, Carrefour-Feuilles, des localités de la commune de Pétion-Ville. Ils ont attaqué des institutions de la presse ainsi que des institutions publiques. Lors de leurs assauts, ils ont assassiné, calciné et blessé plusieurs personnes et ont forcé plusieurs milliers d’autres à fuir leur domicile.

Selon un rapport publié ce mardi par l’OIM, les violences des gangs ont contraint près de 60 000 personnes à fuir leurs maisons en seulement un mois. La plupart des déplacés ont trouvé refuge dans 48 sites de déplacés, dont 12 récemment créés, tandis que d'autres ont trouvé refuge auprès de familles d'accueil déjà débordées.

« Cette augmentation alarmante des déplacements souligne le cycle incessant de violence qui ravage la capitale haïtienne. Nous n'avons jamais observé un tel nombre de personnes se déplacer en si peu de temps », a déclaré Grégoire Goodstein, chef de l'OIM en Haïti. « Des familles sont constamment déracinées, contraintes de tout abandonner pour fuir en quête de sécurité. Nombre de ces personnes déplacées vivaient déjà dans des conditions précaires après de précédents déplacements. »

Ces déplacements forcés ne font qu’aggraver la situation humanitaire déjà précaire, prévient l’organisme.

L’OIM a lancé un appel pressant au renforcement de la Police Nationale d’Haïti en lui fournissant  les ressources et les capacités nécessaires pour rétablir la stabilité et la sécurité.

« Les personnes fuyant la violence ont besoin d'une protection immédiate, de nourriture, d'eau et d'un abri. La situation s'aggrave de jour en jour et, sans soutien supplémentaire, nous risquons de voir une catastrophe humanitaire encore plus grave se produire », a souligné Goodstein.

L’organisme international a indiqué avoir fourni de l’eau potable et des kits d’hygiène à plus de 16 000 personnes en février et 3700 autres ont bénéficié  d'abris d'urgence de kits d'hygiène, de soins médicaux et d'un soutien psychosocial. 

Il a réitéré son soutien aux personnes victimes des déplacements forcés en Haïti tout en veillant à ce qu'ils reçoivent l'aide dont ils ont besoin pour survivre et se reconstruire.

Depuis plusieurs années Haïti fait face à une crise multidimensionnelle. La situation est devenue plus critique après  l’alliance des gangs dans le pays. Plusieurs communes sont sous leur emprise. Des milliers d’ habitants de Martissant, Gressier, Mariani, Croix-des-Bouquets, Solino, Delmas 30, 19 , 24 , Kenscoff entre autres ont fui leurs maisons suite aux violences des gangs.

L’année dernière le nombre des déplacements forcé a triplé et a franchi la barre de plus d’un million. Alors qu’on est au troisième mois de cette nouvelle année, près de 60 000 personnes font deja partie de cette liste.

En dépit des interventions policières, les gangs poursuivent leurs assauts dans la capitale haïtienne. Hier, la population de Delmas 32, Christ Roi a connu un moment de terreur suite aux tirs des gangs. Des membres de la population ont été contraints d’abandonner leurs maisons sous la menace des gangs.

L’insécurité qui prévaut dans la zone métropolitaine a forcé la fermeture de plusieurs facultés de l’Université d’Etat d’Haïti dont la Faculté des Sciences Humaines  ainsi que d’autres universités se trouvant à l’Avenue Christophe et des zones avoisinantes. Plusieurs établissements scolaires ont été aussi forcés de fermer leurs portes. En plus de s’attaquer à des institutions sanitaires, ces derniers attaquent également des institutions de la presse. Ils ont incendié la semaine dernière les locaux de la Radio Télévision Caraïbes (RTVC) et ceux de Melodie FM.

Les violences des gangs ont même provoqué l’interdiction des vols aériens américains vers l’Aéroport International Toussaint Louverture par la Fedaral Aviation Administration (FAA). Alors que cette décision devait prendre fin le 12 mars dernier, elle a été à nouveau prolongée par la FAA jusqu’en septembre prochain en raison de l’intensification des violences des gangs.

Ces vols sont interdits depuis novembre 2024 suite aux tirs de gangs armés ayant atteint des avions de Spirit Airlines, JetBlue Airways et American Airlines. 

L’année dernière, plus de 5600 morts et 2200 blessés ont été enregistrés en raison des violences des gangs dans le pays, selon le Bureau des Droits de l’Homme des Nations Unies.

 

 

 

Par: Daniella Saint-Louis

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