Alors que la violence continue de s’intensifier dans la capitale haïtienne, plusieurs institutions médiatiques ont été attaquées ces derniers jours par des groupes armés. Ces actes ont suscité une vive indignation tant au niveau national qu’international, notamment de la part de l’ambassade des États-Unis et de plusieurs organisations de presse.
Radio Télévision Caraïbes, l’une des stations les plus influentes du pays, a été la cible d’un incendie criminel dans la nuit du 12 au 13 mars 2025. Le feu, déclenché par des individus armés, a causé d’importants dégâts matériels à Port-au-Prince.
Dans la même nuit, les locaux de Radio Mélodie FM, situés sur la rue Capois, ont été vandalisés par des hommes lourdement armés. Les équipements ont été saccagés, paralysant temporairement les activités de la station.
Quelques jours plus tard, dans la nuit du 15 au 16 mars, c’est Télé Pluriel, basée à Delmas 19, qui a été attaquée. La barrière principale du bâtiment a été détruite et un incendie y a provoqué de lourdes pertes. Ces attaques sont attribuées au gang Viv Ansanm, qui continue de faire régner la terreur dans la région métropolitaine de Port au Prince rendant l’accès à plusieurs zones extrêmement difficile.
Face à cette recrudescence de la violence contre les médias, l’ambassade des États-Unis en Haïti a fermement condamné ces actes, exprimant sa solidarité envers le peuple haïtien et les journalistes locaux. Elle a rappelé « l’importance de la liberté de la presse dans une démocratie et appelé au respect des droits fondamentaux. »
De leur côté, l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH) et l’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) entre autre ont également dénoncé ces actes criminels. Elles exhortent l’État haïtien à agir avec fermeté afin de protéger les professionnels de l’information, qui travaillent dans des conditions de plus en plus périlleuses.
MSF contrainte de suspendre ses activités
Parallèlement, la progression des groupes armés vers de nouveaux quartiers, notamment Turgeau, a forcé l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) à fermer temporairement son Centre d’Urgence et de Référencement, situé à l’Avenue Charles Sumner. MSF a indiqué qu’elle reprendrait ses services dès que les conditions sécuritaires le permettront.
L’ONG a également dénoncé une attaque sur un de ses convois, clairement identifié aux couleurs de l’organisation, le 15 mars dernier. Plusieurs membres du personnel ont été blessés lors de cet incident. MSF s’inquiète de la détérioration du climat sécuritaire qui compromet gravement la fourniture de soins médicaux à une population déjà vulnérable.
Une situation alarmante
Ces évènements récents témoignent d’une escalade inquiétante de la violence à Port-au-Prince, où les autorités semblent dépassées par la situation. Les attaques contre la presse et les organisations humanitaires illustrent le chaos qui règne dans la capitale haïtienne, où les citoyens, les journalistes et les travailleurs humanitaires sont pris en étau entre la violence des gangs et l’inaction de l’État.
Les appels à l’aide se multiplient, mais une réponse efficace et durable des autorités tarde encore à se faire sentir.
Par Arnold Junior Pierre
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