L’ancien président provisoire d’Haïti, Jocelerme Privert, a condamné avec fermeté l’incendie des locaux de Radio Télévision Caraïbes et le saccage des studios de Mélodie FM, perpétrés par des gangs armés au centre-ville de Port-au-Prince. Dans un message publié sur son compte X (anciennement Twitter), il a dénoncé ces attaques comme une « menace absolue contre la liberté de la presse et d’expression », tout en alertant sur une « tentative systématique de destruction de la mémoire collective » du pays.
L’incendie de Radio Télévision Caraïbes et la mise à sac de Mélodie FM s’inscrivent dans une vague d’attaques contre les institutions médiatiques et culturelles haïtiennes. Pour Jocelerme Privert, ces actes criminels ne sont pas anodins : ils visent des symboles historiques et doivent interpeller la société dans son ensemble.
« Hier, c’était Le Nouvelliste, témoin centenaire de notre histoire. Avant cela, la Bibliothèque Nationale et les Archives des Presses Nationales. Aujourd’hui, c’est Radio Télévision Caraïbes, vieille de 75 ans, et Mélodie FM. Quel autre média, quel autre pan de notre patrimoine sera la prochaine cible ? », s’est-il interrogé.
Face à cette escalade de violence, l’ancien chef d’État appelle les « forces vives de la nation » à se lever contre cette situation alarmante. Il fustige également l’inaction des autorités, dénonçant leur « inertie et indifférence » face à une crise qui ébranle les fondements mêmes du pays.
« Il est temps que la société haïtienne, d’une seule voix, rejette cette spirale de terreur et de haine qui gangrène le pays. Nous devons sortir de cette insouciance collective et réagir avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il martelé.
Au-delà des pertes matérielles, ces attaques ont également causé la destruction de précieuses archives historiques. Marc Brégard Anderson, responsable à Radio Télévision Caraïbes, a confirmé que de nombreux documents ont été irrémédiablement perdus dans l’incendie, bien que certaines données aient pu être préservées grâce aux serveurs de la station.
« Nous avions déjà perdu une partie de nos archives lors du tremblement de terre de 2010. Depuis, nous avons tenté de préserver ce qui restait. Malheureusement, aujourd’hui, une grande partie de notre mémoire est partie en fumée », a-t-il déploré lors d’une intervention sur Panel Magik sur radio magik9, le vendredi 14 mars 2025.
Malgré l’ampleur des dégâts, la direction de Mélodie FM refuse de céder au découragement. Marcus Garcia, président-directeur général de la station, a tenu à rassurer auditeurs et collaborateurs dans un éditorial publié après l’attaque.
« La voix de Mélodie résonne et résonnera toujours vivante. Nous remercions nos confrères, consœurs, auditeurs et auditrices pour leur soutien indéfectible en ces moments difficiles », a-t-il affirmé.
Alors que la presse haïtienne traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire, les appels à la mobilisation se multiplient pour défendre la liberté d’informer, un pilier fondamental de la démocratie en Haïti.
Par Arnold Junior Pierre
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