PubGazetteHaiti202005

Des conteneurs «suspects» disparus à la douane de Belladère, le délégué départemental veut des explications

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Plusieurs conteneurs, soupçonnés de transporter des armes et des munitions, auraient mystérieusement disparu de la douane de Belladère, selon les déclarations du délégué départemental du Centre, Frédérique Occéan, dans une vidéo publiée par les médias locaux sur les réseaux sociaux samedi 8 mard 2025. Le délégué départemental affirme également avoir été la cible d’une tentative de corruption orchestrée par un « proche » du directeur de la douane, qui lui aurait proposé une somme de 250 000 gourdes par mois en échange de son silence. L’individu en question a depuis été placé en garde à vue.

Des alertes avaient été émises concernant plusieurs conteneurs stationnés à la douane de Belladère, alimentant des rumeurs selon lesquelles ils contiendraient des armes et des munitions. Prenant ces signalements au sérieux, le délégué départemental Frédérique Occéan affirme s’être rendu rapidement sur place afin de procéder à des vérifications.

À son arrivée sur les lieux, en compagnie du directeur départemental de la Police nationale d’Haïti, il explique avoir constaté avec stupéfaction que les conteneurs en question ont disparu. De plus, l’absence du responsable de la douane a été constatée alors que ce dernier avait déjà été mis au courant de la venue du délégué départemental. 

Me Frédérique Occéan affirme avoir tenu une conférence de presse devant l’édifice de la douane de Belladère afin d’expliquer la situation. « Depuis lors, je reçois des menaces incessantes par téléphone », confie-t-il.

L’une des personnes qui l’a contacté, « un proche » du directeur de la douane de Belladère, lui aurait proposé une rencontre avec ce dernier le vendredi 7 mars en début de soirée. Me Occéan dit avoir accepté, déterminé à obtenir des explications sur cette affaire.

Selon ses déclarations, deux individus, dont le proche du directeur de la douane en question, se sont rendus à Mirebalais pour le rencontrer. Ils lui auraient alors proposé une somme de 250 000 gourdes en échange d’un « retrait de ses déclarations » et lui auraient promis un versement mensuel de 250 000 gourdes sur le payroll du bureau de la douane de Belladère. 

Ce proche du directeur de la douane de Belladère, Yvon Charles a été mis en garde à vue.


Dans une note adressée au public le samedi 8 mars, l’Administration Générale des Douanes (AGD) a informé qu’ « aucune instance travaillant sur la frontière haitiano-dominicaine particulièrement le personnel douanier affecté à ce Bureau, les Agents de la Brigade de surveillance douanière ainsi que les Agents de la Police Nationale d'Haïti qui travaillent conjointement avec la douane à Belladère, n'est au courant de ce fait et n'a produit aucun rapport d'une quelconque disparition de conteneurs renfermant des armes et des munitions qui seraient introduits sur le territoire national et entreposés à la douane de Belladère »

L’AGD précise que selon une note signée du Directeur du Bureau de la douane de Belladère, Ronald Nocia apporte un démenti formel à ces allégations. 

En ce sens, selon la note du directeur général de l’administration générale des douanes, le Ministre de l’Economie et des Finances déjà été informé de la situation « que le dossier sera transmis dans les meilleurs délais auprès des autorités compétentes pour les suites que de droit, ce, dans le souci d'assurer la protection du Directeur de la douane de Belladère, des Agents de la Brigade de surveillance douanière et du personnel douanier affecté à ce Bureau qui exercent leurs fonctions dans des conditions extrêmement difficiles ».


Cette situation est survenue à un moment où les gangs armés semble avoir été renforcés en armes et en munitions. La semaine écoulée, plusieurs quartiers dont Delmas 30 ont été attaqués par les bandits de la coalition criminelle « Viv Ansanm ». Entre-temps, la Police Nationale d’Haïti, à l’aide de drones, a mené des opérations contre les gangs de Jimmy Cherisier « Barbecue » et de « Izo ». Selon les autorités policières, plusieurs de leurs « soldats » ont été tués. 

 

 

 

Par: Daniel Zéphyr

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