L’Association des Industries d’Haïti (ADIH) exprime ses préoccupations suite à la décision du gouvernement actuel de décaisser des fonds du trésor public pour organiser le carnaval dans un pays ravagé notamment par la crise sécuritaire.
Disant conscient de l’importance de cette festivité culturelle et son rôle dans la cohésion sociale, l’ADIH tient à exprimer sa forte préoccupation quant à son organisation cette année, dans un contexte marqué par des défis humanitaires et économiques majeurs ainsi qu’une crise sécuritaire persistante, a écrit l’association dans deux correspondances adressées au président du CPT Leslie Voltaire et le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
« L’organisation d’un évènement d’une telle ampleur représente non seulement un risque sur le plan sécuritaire, mais également une gestion discutable des ressources publiques, affirme ADIH dans ses correspondances.
L’association des industries d’Haïti croit qu’ « A un moment où de nombreux citoyens font face à une détérioration de leurs conditions de vie, que les entreprises peinent à maintenir leurs activités et que l’insécurité paralyse plusieurs secteurs, il est plus que nécessaire de recentrer les priorités du pays sur des actions concrètes visant à rétablir la sécurité et à favoriser le redressement national. »
Plutôt que d’investir dans des festivités momentanées, l’ADIH appelle les autorités à concentrer leurs efforts sur la sécurité, l’amélioration des conditions de vie de la population, et surtout des milliers de déplacés, la relance économique, et le soutien aux entreprises locales.
En ce sens, l’Association des Industries d’Haïti demande au Premier Ministre et au Conseil Présidentiel de Transition (CPT) de réallouer le montant de trois cent millions gourdes prévu pour l’organisation du Carnaval, vers des actions prioritaires notamment le renforcement des forces de sécurités nationales; l’accompagnement immédiat aux victimes des gangs et un soutien aux familles des personnes tuées par la violence; l’organisation du retour des milliers de déplacés internes vers leurs quartiers d’origine et d’entamer toute autre initiative contribuant directement à la stabilité et au bien-être des citoyens.
L'ADIH tient à rendre un hommage solennel « à la mémoire de nos valeureux policiers qui ont fait le sacrifice ultime au service du peuple haïtien ». Elle exprime également sa profonde reconnaissance à l'ensemble des forces de police et des forces armées qui, malgré des ressources limitées, poursuivent inlassablement leur mission de protection et de service envers la nation.
Elle exhorte également les autorités à engager un dialogue constructif avec les différents acteurs nationaux afin d’orienter les ressources et les énergies vers des solutions durables pour le pays. L’ADIH dit rester et demeurer disponible pour contribuer à toute initiative allant dans le sens du développement et de la stabilité d’Haïti.
Le gouvernement est sous les feux des critiques pour l’organisation du carnaval alors que le pays vit une période d’insécurité sans précédent. Dans sa correspondance, l’ADIH rejoint nombreux citoyens, estimant que les fonds alloués à ces festivités pourraient servir à équiper les forces de l’ordre pour démanteler les gangs armés.
Léon Kersivil
- Log in to post comments


