PubGazetteHaiti202005

Massacre à Wharf Jérémie: le bilan s’élève à plus de 207 morts

@OIM/Antoine Lemonnier

Le bilan des personnes assassinées par le chef gang Micanor entre le 6 et 11 décembre 2024 s’élève à plus de 207, selon un rapport du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti ( BINUH) et du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme ( HCDH).


Le bilan du massacre perpétré à Wharf Jérémie s’alourdit. Selon un rapport d’enquête du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti( BINUH) et du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme ( HCDH) publié ce lundi 23 décembre 2024, le bilan fait état de plus de 207 morts. Parmi ces personnes les Nations Unies dénombrent 134 hommes et 73 femmes dont la majorité sont des personnes âgées, accusées de pratiquer du vaudou et d’avoir causé la maladie de l’enfant du caïd. D’autres sont tuées suite à des accusations de diffusion des informations  concernant ces crimes aux médias locaux et certaines pour tentatives de fuite par peur de représailles .


Ces personnes tuées en six jours, résidaient dans cinq zones à travers Wharf Jérémie. Elles ont été arrêtées à leur domicile et dans un lieu de culte et emmenées dans le fief du gang où elles ont été tenues en captivité et interrogées, à l'intérieur d'un prétendu «  centre de formation ».  Elles ont ensuite été conduites vers un site d'exécution se trouvant à proximité, avant d'être abattues ou tuées avec des machettes. Le gang a tenté d'effacer toute preuve en brûlant les corps, ou en les démembrant, pour ensuite les jeter à la mer , peut-on lire dans ce communiqué.

La représentante du secrétaire général des Nations Unies en Haïti, Maria Isabel Salvador indique ces crimes touchent au fondement même de la société haïtienne, en ciblant les populations les plus vulnérables. Elle exhorte la justice haïtienne à diligenter une enquête autour de ces actes criminels en vue de traquer les responsables de ces crimes et les punir selon les principes de la loi.

« Nous ne pouvons pas faire comme si de rien n'était. J'appelle la justice haïtienne à mener une enquête approfondie sur ces crimes horribles et à arrêter et punir leurs auteurs, ainsi que les individus qui les appuient. J'appelle aussi les autorités à installer le plus rapidement possible un pôle judicaire spécialisé pour traiter ce type de crime », a déclaré Maria Isabel Salvador .

Les Nations Unies dénoncent également l’implication des Unités spécialisés de la Police Nationale d’Haïti, des  groupes d'autodéfense, ainsi que des membres non organisés de la population dans des actes de violence et de violations d’abus aux droits de l’homme.

Le BINUH a rappelé l’appel pressant du Haut-Commissaire aux droits de l'homme Volker Türk aux autorités haïtiennes à adopter des mesures strictes pour renforcer la police et les autres institutions étatiques paralysées par la corruption et l'impunité.  Il a exhorté la communauté internationale à mettre en œuvre l'embargo ciblé sur les armes, l'interdiction de voyager et le gel des avoirs imposés par le Conseil de sécurité des Nations Unies, afin de suspendre la violence des gangs en Haïti.

Durant l’année 2024, plus de 5 350 personnes tuées et plus de 2 155 autres blessées, suivant un rapport du BINUH et du  HCDH, tandis que 700 000 autres ont été contraintes d’abandonner leurs maisons suite aux violences des gangs .


Par: Daniella Saint-Louis

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