Comme à son habitude, Pierre Espérance, Directeur Exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), n’est pas passé par quatre chemins pour donner son avis sur le scandale de corruption présumée impliquant trois conseillers présidents et Raoul Pierre-Louis, ex président du conseil d’administration de la banque nationale de crédit ( BNC). Lors de son intervention à l’émission « Le Rendez-Vous animée par Volcy Assad », ce mercredi 2 octobre 2024, il a appelé les quatre autres conseillers présidentiels non-accusés dans cette affaire à prendre une résolution pour décider de l’avenir du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Espérance a fermement mis en garde ces conseillers contre l'idée de siéger avec les trois membres accusés de corruption.
C'est un Pierre Espérance sans détour qui a pris part ce mercredi à l’émission, peu avant la publication du résumé exécutif de l'enquête sur les allégations de corruption visant trois membres du CPT, à savoir Smith Augustin, Louis Gérald Gilles, et Emmanuel Vertilaire.
Le rapport d’enquête recommande que des poursuites soient engagées contre les trois conseillers « pour abus de fonction, corruption passive et versement de pot-de-vin ». Il a appelé également à l'ouverture d'une action publique contre Raoul Pascal Pierre Louis pour obstruction à la justice, corruption active et abus de fonction.
Lors de l’émission, Pierre Espérance semblait avoir déjà été au courant des résultats de l’enquête, convaincu que ces trois conseillers présidentiels sortiraient très affaiblis par le rapport d’enquête. Il a affirmé que la date du 7 octobre dépendait désormais des quatre conseillers non-accusés dans l'affaire BNC. Il les a exhortés à prendre une résolution concernant l'avenir du conseil, soulignant que cette décision ne nécessitait pas l’unanimité.
Espérance est allé plus loin en affirmant que si ces quatre conseillers acceptaient de siéger avec les trois concernés épinglés par le rapport de l'Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), cela signifierait qu’ils sont aussi des complices.
Parallèlement, Pierre Espérance a vivement critiqué la gestion du président du CPT, Edgard Lebanc qu’il a qualifiée de « catastrophique ». Il a cité en exemple la participation de Garry Conille à l’assemblée générale des Nations Unies à New-York, qui aurait suscité l'indignation au sein du CPT. Selon lui, les membres du conseil avaient demandé à Edgard Leblanc d'envoyer une lettre à Conille pour le rappeler à l'ordre, mais aucune mesure n’a été prise.
Le responsable du RNDDH, qui s’oppose à une éventuelle continuité de Edgard Leblanc à la présidence, a par ailleurs évoqué la question de certaines nominations dans la diplomatie haïtienne qui ont déplu à certains membres du CPT. Malgré les demandes répétées de suivi d’autres conseillers, Edgard LEBlanc serait resté inactif.
Le militant des droits humains a également fustigé le leadership de Leblanc dans la formation du Conseil Électoral Provisoire. Selon lui, il faudra avec ce CEP s’attendre à des élections contestées.
Sur le plan administratif, Espérance a relevé des manquements notables dans la gestion d’Edgard Leblanc. Il a affirmé que RNDDH a envoyé plus de neuf documents au Président du CPT, tous étant restés sans réponse, contrairement au Premier ministre qui, dit-il aurait, quant à lui, répondu à toutes les correspondances. Il a aussi critiqué la tendance de Leblanc à inclure des points à l’ordre du jour du Conseil des ministres sans consulter ses collègues du conseil présidentiel.
Par: Daniel Zéphyr
- Log in to post comments


