Le secteur bancaire haïtien a subi une perte massive de capital humain entre octobre 2022 et décembre 2023, avec le départ de 626 employés et cadres. Parmi ces départs, 186 personnes ont émigré vers les États-Unis ou le Canada, tandis que 255 ont démissionné sans fournir de motifs.
Ces chiffres alarmants proviennent du rapport "BRH-Info à la loupe" publié à la fin du mois de mai 2024 par la Banque de la République d’Haïti (BRH). Ce rapport examine l'impact de l'insécurité sur le secteur financier haïtien. La BRH souligne que "les pertes en ressources humaines, pour diverses raisons, d’octobre 2022 à décembre 2023, s’élèvent à plus de 626 employés". Parmi eux, 155 cadres appartenaient à une banque d’État et 136 à une banque privée, représentant respectivement 25 % et 22 % des départs dans ce secteur.
La tendance des départs mensuels a montré une augmentation continue d’octobre 2022 à décembre 2023. "Le nombre de cadres démissionnaires dans le système bancaire a atteint 20 en octobre 2022 et 135 en avril 2023. L’analyse des démissions, en tenant compte de la hiérarchie, révèle que le système a perdu des cadres à tous les niveaux, des agents de sécurité aux directeurs de départements", précise le rapport.
Les principales raisons de cette perte de capital humain sont attribuées à la détérioration de la situation sécuritaire du pays. Ce climat de violence a entravé la libre circulation des personnes et des biens, selon la BRH. De plus, des programmes de regroupement familial, tels que le "Humanitarian Parole", ont poussé de nombreux employés à chercher de meilleures conditions de vie à l'étranger.
Le rapport indique que le taux de rotation le plus élevé concerne les employés âgés de 30 à 39 ans, représentant plus de "70 % des départs". En d'autres termes, la majorité des employés quittant le secteur bancaire ont au moins 10 ans d'expérience, contrairement à ceux âgés de 21 à 29 ans, qui ont généralement entre 1 et 5 années de carrière dans les institutions financières. "Selon la majorité des responsables des ressources humaines de ces institutions financières (95 %), le taux de recrutement ciblant les postes vacants a été inférieur à 15 %", rapporte la BRH.
Par : Daniel Zéphyr
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