Lundi 25 décembre, les corps sans vie d’une mère de famille haïtienne et de ses quatre enfants ont été découverts dans un appartement de Meaux (Seine-et-Marne). Selon les informations, c’est le père de famille qui est derrière ce quintuple homicide.
Jean-Baptiste Bladier, le procureur, est revenu sur la découverte des corps. « Le 25 décembre, peu avant 21 h, des proches de la famille victime se sont manifestés auprès des services de police s’inquiétant de l’absence de réponse des intéressés », alors qu’ils frappaient à la porte de la famille. “ Les requérants ” ont par ailleurs trouvé des traces de sang sur le palier et ont appelé la police.
La Bac s’est rendue sur place. Les volets de l’appartement, situé au rez-de-chaussée, étaient fermés. Un policier a finalement réussi à rentrer dans l’appartement en brisant le volet de la chambre conjugale, découvrant “ une scène de crime d’une très grande violence ”, et cinq cadavres.
La femme et les petites filles poignardées
Les corps étaient ceux de la mère de famille, née à Haïti en avril 1988, et de ses quatre enfants : une fillette âgée de 10 ans, une seconde fillette âgée de 7 ans, un petit garçon né en 2019 âgé de 4 ans, et enfin un garçon né en mars 2023, qui aurait eu neuf mois hier.
La direction interrégionale de la police de Versailles a été saisie pour une enquête en flagrance. Les constatations ont révélé que la maman et les deux filles ont été “ victimes d’un très grand nombre de coups de couteau ”. Les deux garçons ne présentaient pas de lésion sur le corps. La piste de l’étouffement ou de la noyade est privilégiée. Les autopsies des cinq corps auront lieu mercredi.
Dans l’appartement de petite taille, encombré, un très grand nombre de mouchoirs jetables et de sopalins ont été retrouvés portant des taches de sang. « On relève la présence de documents médicaux et administratifs pouvant évoquer un internement de nature psychiatrique en 2017 du père de famille », précise le procureur, ainsi que des ordonnances médicales pour des tranquillisants.
Le déroulé des faits
Des voisins ont affirmé aux policiers avoir entendu des cris entre le 24 décembre, 23 h, et le 25 décembre très tôt. Le père de famille était absent lors de l’arrivée des forces de l’ordre, le 25 au soir. L’exploitation des images de vidéosurveillance a montré un homme quittant l’immeuble le 25 décembre à 20 h 08. Il a ensuite été vu sur un pont de la ville, chutant à deux reprises.
À 20 h 56, les images le montrent en train de monter dans un véhicule, probablement un VTC. Le téléphone du père de famille a également borné dans la commune de Sevran, en Seine-Saint-Denis. Les enquêteurs ont alors pris contact avec le père et la mère de l’homme en fuite, et il a été interpellé peu avant 8 h devant le domicile de son père.
Il a été placé en garde à vue. Il a indiqué savoir pourquoi il avait été interpellé, « a évoqué son mal-être personnel et sa dépression ». L’homme étant blessé, il est actuellement soigné dans un hôpital de Seine-Saint-Denis, sous surveillance de la police.
Des violences avec couteau en 2019
L’homme, né en avril 1990 à Colombes (Hauts-de-Seine), est titulaire d’un CAP de plombier. Le couple s’est marié récemment, mais était ensemble depuis 14 ans, et tous deux se connaissaient depuis le lycée.
Le casier judiciaire du père de famille est dépourvu de tout antécédent, mais « il existe une procédure relative à des violences avec un couteau », “ ”a précisé le procureur. En novembre 2019, il avait frappé sa femme d’un coup de couteau dans l’omoplate gauche. Elle n’avait alors pas voulu porter plainte.
La femme avait alors parlé de la dépression de longue date de son conjoint, qui avait arrêté ses traitements. Selon elle, ce matin-là, il était “ bizarre ”, avait enfermé sa famille dans l’appartement. Elle l’avait vu, armé d’un couteau dans la chambre conjugale. Il avait alors affirmé vouloir mourir. Alors qu’elle voulait quitter la chambre avec des vêtements, il lui avait assené un coup de couteau dans le dos. Elle avait finalement réussi à maîtriser son conjoint et à appeler les secours.
Des troubles dépressifs et psychotiques
À l’époque, l’homme avait été placé en garde à vue, mais son état psychiatrique était jugé incompatible avec cette audition. Le psychiatre avait aussi diagnostiqué une altération du discernement, mais pas une abolition. Le 13 janvier 2020, à la fin de son hospitalisation, il a été de nouveau placé en garde à vue. Il avait alors évoqué ses “ idées noires ”, ne pas avoir voulu faire de mal à son épouse « qu’il aimait » mais se faire du mal à lui. Il a aussi indiqué avoir touché sa femme « sans faire exprès ».
Une nouvelle expertise psychiatrique révélait alors qu’il était suivi depuis 2017 pour des troubles dépressifs et psychotiques. L’examen concluait à l’existence d’une pathologie dysthymique (trouble de l’humeur défini par un état dépressif chronique) et psychotique, et à une abolition du discernement au moment des faits. L’affaire était alors classée sans suite.
« C’est elle qui faisait vivre la famille »
La victime était « une très bonne personne, connue de tous, très joviale », a expliqué à la presse Nadine Coulibaly, se présentant comme l’amie et la voisine ayant alerté les forces de l’ordre. « Elle vivait pour sa famille. Monsieur ne travaillait pas, c’est elle qui faisait vivre la famille », a-t-elle dit, aux abords de l’appartement de la famille.
« Je n’arrive pas à expliquer son geste. C’est quelqu’un dans sa bulle, il ne parlait à personne », a répété cette voisine, dans des propos rapportés par l’AFP. D’après elle, le couple n’était pas en train de se séparer, un élément parfois déclencheur d’un passage à l’acte.
Avec BFMTV
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