Une délégation gouvernementale composée des ministres de l'agriculture, Charlot Bredy, de l'environnement, James Cadet et du commerce et de l’industrie, Ricardin Saint-Jean s'est rendue à Ouanaminthe le jeudi 26 octobre 2023 pour rencontrer les membres du comité en charge de la construction du canal.
Si dans l’ensemble tout s’est bien passé selon les déclarations des différentes parties, à l’émission « Le Rendez-vous avec Volcy Assad », le vendredi 27 octobre, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et des professions du Nord-Est d’Haïti (Cci/Nord-Est) Albert Pierre Paul Joseph a affirmé que la population restera sur ses gardes.
Cette visite de la délégation du gouvernement a été bien accueillie dans le département du Nord-Est, plus précisément à Ouanaminthe. Elle a rencontré des membres de la société civile de cette zone, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et des professions du Nord-Est d’Haïti (Cci/Nord-Est) Albert Pierre Paul Joseph.
À l’émission « Le Rendez-vous avec Volcy Assad », Albert Pierre Paul Joseph regrette toutefois que d’autres aspects de la tension entre Haïti et la République dominicaine n’ont pas été abordés lors de cette rencontre qui s’est exclusivement accentuée, selon lui, sur les travaux de construction du canal au niveau de la rivière Massacre. « La rencontre s’est déroulée de manière très cordiale », rapporte le président qui, malgré tout, est resté sur sa faim.
« Le problème que j’ai avec cette rencontre est que l’on a pris le problème comme un événement isolé. Pourtant, il s’agit d’un problème beaucoup plus complexe. J’ai entendu avec attention l’intervention du Ministre du Commerce et de l’Industrie, je ne vois pas où il a abordé la question des échanges commerciaux au niveau de la frontière; les marchands ayant perdu des marchandises lors de l’incendie du marché frontalier », explique Albert Pierre Paul.
Peu après la rencontre, un communiqué du gouvernement a été publié pour résumer la rencontre. Dans ce communiqué, la délégation a remercié et félicité la population du Nord-Est au nom du Gouvernement, « pour cette grande solidarité autour du projet du canal qui a impacté tout le pays et provoqué un grand mouvement d’union. »
« La délégation a annoncé au Comité que l’État haïtien avait pris des dispositions pour irriguer la plaine de Maribaroux et qu’il allait, pour cela, utiliser tous les mécanismes disponibles ; elle a aussi fait savoir qu’une mission allait être dépêchée pour évaluer les besoins techniques et financiers afin que la construction se poursuive dans les meilleures conditions qui soient et qu’elle soit utile à la population. Le Comité a accueilli favorablement cette décision du Gouvernement », a précisé le communiqué de presse.
Cette mission technique, selon Albert Pierre Paul Joseph, aura à définir un plan technique et financier en vue de l'achèvement du canal. Cette mission sera composée des membres des ministères de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Durable, de l’Environnement, des Travaux Publics et du Développement Durable.
Toutefois, redoutant d’éventuelles manœuvres du gouvernement, M. Joseph met en garde contre tout comportement visant à faire passer le temps avec la construction du canal. A ceux qui feront partie de la mission d’évaluation, il dit ceci:
« Nous serons là avec eux. Nous les suivrons de près car l’attitude de l’Etat ne montre pas qu’il est responsable », soutient Joseph.
La préoccupation du président de la Chambre de commerce, d’industrie et des professions du Nord-Est d’Haïti (Cci/Nord-Est) survient après que le délégué départemental l’a informé, affirme-t-il, qu’il a reçu des instructions pour rouvrir la frontière avec la République dominicaine. « N’était-ce pas nous de la société civile, la frontière serait déjà rouverte », croit-il, soutenant que le gouvernement « n’avait pas de position au sujet du canal. »
L’attitude du gouvernement haïtien pose problème à Albert Pierre Paul Joseph. Il rappelle que les organisations de la société civile avait fait 7 propositions faites pour une réouverture des frontières. Histoire, selon Joseph, lui d’avoir matière à négocier avec la République dominicaine.
Mais, rien a été fait et certains rares membres de la population ont été contraints de prendre le chemin de la contrebande, regrette-il, informant que des faits graves se produisent de plus en plus au niveau de la frontière. Il s’agit du scandale des pochettes de sang infectées qui ont été saisies dans la zone frontalière à Ouanaminthe.
« Cela veut juste dire que la population est livrée à elle-même », estime-t-il.
La construction autour de la rivière Massacre a créé une tension entre Haïti et la République dominicaine. Depuis septembre, les relations entre les deux pays se sont détériorées. Jusqu’à présent, les échanges commerciaux binationaux n’ont pas encore repris, malgré la réouverture des frontières du côté dominicain.
Par: Daniel Zéphyr
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