Le président de la République dominicaine Luis Abinader a démenti le rapport du groupe d’experts de l’Organisation des Nations Unies révélant que des armes illégales en Haïti proviennent de ce pays. « Ce n’est pas vrai », a-t-il déclaré lors de sa rencontre habituelle chaque lundi au Palais National.
Si le rapport du groupe d’expert de l’ONU a créé de vives réactions en Haïti, il l'est tout aussi bien de l'autre côté de la frontière. Le président dominicain Luis Abinader a été contraint de réagir sur les révélations du rapport indiquant que des armes illégales arrivées en Haïti proviennent de la République dominicaine. Le chef d’Etat a démenti l’information.
"Ce n'est pas vrai. Nous disposons également d'informations de renseignement et cela n'est ni vrai ni logique", a déclaré le président lors de cette réunion avec la presse, estimant que les armes dont dispose la République dominicaine sont « sept fois plus chères » que celles d’Haïti. « Il n’est pas logique d’apporter des armes ici : ce serait une mauvaise affaire », soutient-il dans des propos relayés par l’agence de presse EFE.
Selon le rapport du groupe d’experts, bien que moins lucratif que les importations directes en provenance des États-Unis, l’achat de matériel comme les armes sur le marché illicite dominicain reste intéressant. « Un fusil semi-automatique de 5,56 mm coûtant entre 500 et 700 dollars aux États-Unis peut se vendre environ 2 500 dollars en République dominicaine ou deux à trois fois plus en Haïti », révèle le rapport.
Plusieurs gangs, en particulier 400 Mawozo, dont le territoire est le plus proche de la frontière, passent par des trafiquants dominicains pour acquérir des armes à feu et des munitions, précise le groupe d’expert qui dit avoir « enquêté sur d’autres cas montrant des réseaux passant par des responsables corrompus, notamment des policiers, des fonctionnaires et des proches des autorités locales, qui facilitent le passage de matériel illicite ». « Dans la plupart des cas examinés par le Groupe d’experts, le trafic passe par le poste frontière de Belladère, par lequel la plupart des marchandises officielles en provenance de la République dominicaine entrent en Haïti », ajoute le document.
Par : Daniel Zéphyr
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