PubGazetteHaiti202005

Rapport ONU: près de 2 500 armes de la PNH disparues de 2012-2023, certains policiers vendent leurs propres armes et munitions

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Près de 2 500 armes de la Police Nationale d’Haïti ont été déclarées volées ou perdues de 2012-2023, selon le rapport du groupe d’experts de l’ONU qui révèle que certains policiers vendent leurs propres armes et munitions. Dans le document, il est indiqué que la majorité des armes qui entrent en Haïti proviennent des USA en passant par la République Dominicaine.


C’est un rapport qui fait l’effet d’une bombe en Haïti. Les révélations fracassantes faites dans ce rapport donnent des sueurs froides. Cette information révélant qu’environ 2 500 armes à feu appartenant à la Police nationale d’Haïti (PNH) ont été déclarées perdues ou volées, de 2012 à 2023 sont choquantes. Ces armes et munitions se retrouvent régulièrement entre les mains de criminels et de membres de gangs.

Si les policiers sont régulièrement la cible de gangs et se font voler leurs armes, certains d’entre eux vendent leurs propres armes à feu et munitions, selon le rapport précisant que certaines unités de polices, même celles qui n’utilisent pas habituellement les armes à feu dont elles disposent, reçoivent régulièrement des munitions. Selon le groupe d’experts, cette situation pousse certains policiers à vendre leur surplus.

« Enfin, les unités de police saisissent régulièrement des armes à feu et des munitions illicites; toutefois, faute de cadre réglementaire, de procédures opérationnelles normalisées ou de ressources, le matériel saisi est mal géré et parfois détourné », ajoute le document.

Le rapport s’est aussi intéressé à la problématique du trafic d’armes et de munitions dans le pays. Compte tenu des données reçues, le groupe d’experts conclut que les États-Unis sont une source de matériel intéressante pour les détenteurs d’armes en Haïti compte tenu de leur proximité relative, de la présence d’une diaspora haïtienne importante, des prix bas et des contrôles limités sur les achats.

Le document rappelle que les autorités américaines ont renforcé les contrôles et saisi plusieurs armes et munitions à destination d’Haïti par voie maritime ou aérienne. « Entre janvier 2020 et juillet 2023, le Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a saisi 15 938 munitions de différents calibres ainsi que 35 carcasses et 59 armes, dont 45 armes de poing, 1 fusil de chasse, 12 fusils et 1 mitrailleuse75 », note le document.

Miami est, selon le document, l’un des principaux point de départ des conteneurs de marchandises vers Haïti et également le seul endroit aux États-Unis d’où partent des bateaux transportant vers Haïti des biens de seconde main en vrac. La grande majorité des saisies des autorités américaines ont été faites dans ce lieu.


Des armes proviennent aussi de la République dominicaine. Bien que moins lucratif que les importations directes en provenance des États-Unis, l’achat de matériel sur le marché illicite dominicain reste intéressant, selon le rapport. En majeure partie, ces armes ont été achetées à l’origine aux États-Unis et acheminées vers le marché illicite de la République dominicaine. 

« Un fusil semi-automatique de 5,56 mm coûtant entre 500 et 700 dollars aux États-Unis peut se vendre environ 2 500 dollars en République dominicaine ou deux à trois fois plus en Haïti. Dans un cas, du matériel parti des États-Unis vers la République dominicaine devait être transféré directement vers Haïti », révèle le document.

Plusieurs groupes du pays utilisent ces couloirs comme plusieurs gangs, en particulier 400 Mawozo, dont le territoire est le plus proche de la frontière, passent par des trafiquants dominicains pour acquérir des armes à feu et des munitions. Le document parle des cas montrant des réseaux passant par des responsables corrompus, notamment des policiers, des fonctionnaires et des proches des autorités locales, qui facilitent le passage de matériel illicite. 

« Dans la plupart des cas examinés par le Groupe d’experts, le trafic passe par le poste- frontière de Belladere, par lequel la plupart des marchandises officielles en provenance de la République dominicaine entrent en Haïti », précise le document.

 


 

 

Par: Daniel Zéphyr

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