PubGazetteHaiti202005

Ouanaminthe pose 7 conditions pour une nouvelle relation entre Haïti et la République dominicaine

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Dans un communiqué de presse paru le 10 octobre 2023, la société civile à Ouanaminthe a posé 7 conditions pour une nouvelle relation entre Haïti et la République dominicaine. Respect des migrants haïtiens, meilleure considération des étudiants, réévaluation des échanges commerciaux sont, entre autres, les thèmes sur lesquels des conditions ont été posées.

Il s’agit de 7 conditions obligatoires pour redéfinir la relation diplomatique et commerciale d’Haïti avec la République dominicaine. Le mouvement fait comprendre qu’il refusera que le commerce frontalier reprenne son cours dans les mêmes conditions « exécrables, dégradantes et inhumaines. »

Les signataires estiment que « la RD doit reconnaitre péremptoirement le droit d’usage de la République d’Haïti quant aux ressources en eau partagée. En cas d’inquiétude sur le mode d’utilisation d’une ressource partagée, une commission binationale sera créée dont les travaux feront objet d’un protocole d’accord ou convention ».

La société civile recommande un rééquilibrage du marché binational. Aussi, ils exigent que l’État dominicain respecte les règles de déportation des Haïtiens entassés dans des cages suffocantes. Selon eux, les auteurs de maltraitance à l’encontre des migrants haïtiens et aussi les organisateurs de voyages clandestins, doivent être traduits en justice et leur condamnation largement publiée. « Les actes de déportations doivent respecter les heures, les jours, les femmes enceintes, le domicile », ajoutent-ils.

De plus, de l’avis des signataires, les étudiants haïtiens, doivent bénéficier d’un visa d’étudiant pour toute la durée de leurs études, sans besoin de payer une taxe d’entrée mensuellement ou trimestriellement. « Une commission d’audit international doit être créée pour examiner la délimitation géographique des deux États et en faire rapport à chaque Gouvernement », exigent-ils.

En fin de compte, la société civile plaide pour une meilleure évaluation des marchandises en provenance de la République dominicaine et à destination d’Haïti. « Leur qualité doit être attestée par ledit service dont copie du document peut être obtenue par tout ayant-droit », exigent les signataires. 

Ce communiqué signé par Albert Pierre Paul Joseph, Clément Pierre, Dionel Germain, Simpson Charles Amazan, Emmanuel Raphaël, Thony Desauguste, Hérald Myritil, Hervé Pierre, Patrick Emilien, Bélizaire James Dobson, Gérald Jean Charles, Saint Preux Rolanson, Roselène Pierre demande par ailleurs que les Haïtiens victimes de l’immigration et de toute instance de la République dominicaine fassent l’objet d’une « enquête d’une Commission spéciale « Justice et Vérité », composée d’Haïti, de la République dominicaine et d’autres pays. »

La République dominicaine via son président Luis Abinader avait ordonné mi-septembre 2023 la fermeture de la frontière avec Haiti dans le but de forcer le pays à abandonner la construction d’un canal autour de la rivière Massacre. Voyant que les Haïtiens ne comptent pas lâcher prise, Luis Abinader a ordonné lundi dernier la réouverture de la frontière sans que des discussions n’ont été entamées avec Haiti.

Ironie du sort, la partie haïtienne est restée fermée malgré les annonces du président Luis Abinader. « Voilà ce qu’on appelle victoire historique ! », fait remarquer le communiqué.

Avec ce comportement, le mouvement estime que la population de Ouanaminthe, a infligé une leçon de dignité au président dominicain. « Au lieu de s’en plaindre, la population a transformé les mesures de la RD en une vaste synergie de remobilisation de la volonté populaire de changer les donnes. Le silence mystique des Haïtiens, qu’on espérait voir massé par milliers à la frontière, a été suffisant pour soulever des Dominicains », explique le communiqué.

Ouanaminthe a été rejoint par les propos du gouvernement haïtien qui, avant hier, à l’OEA, via son représentant permanent Léon Charles, a indiqué que la construction du canal ne va pas s’arrêter. Il a réitéré le droit souverain d’Haïti d’utiliser les ressources hydriques binationales au même titre que la République dominicaine.

 

 

 

Par: Daniel Zéphyr

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