L’Union européenne n’écarte pas la possibilité d’adopter un régime de sanctions contre des personnalités de l'élite haïtienne, selon ce qu’a laissé entendre l’ambassadeur de l’UE à Port-au-Prince, Stefano Gatto dans une rencontre hier mercredi 12 juillet 2023 avec des journalistes haïtiens. Ce cas de figure est à l’étude, selon le diplomate.
Après l’ONU, les Etats-Unis, le Canada, l’Union européenne pourrait adopter son propre régime de sanctions contre des personnalités de l’élite haïtienne. L’information vient de l’ambassadeur de l’UE à Port-au-Prince, Stefano Gatto.
« Nous avons automatiquement adopté les sanctions onusiennes. Elles ne visent pour le moment qu’une seule personne. Les panels d’experts vont formuler leurs conclusions à partir du mois de septembre. Automatiquement, les personnes qui seront sanctionnées par les Nations-unies le seront aussi par l’Union européenne. Au-delà de ce processus, à Bruxelles, on discute. Au sein du Conseil européen, il y a une proposition pour que soient adoptées nos propres sanctions européennes. Mais aucune décision n’a encore été prise. Il y a plusieurs éléments à tenir en compte. Et ils ne portent pas forcément sur les mêmes personnes qui ont été sanctionnées par les États-Unis, le Canada ou la République dominicaine. Ce serait un choix autonome », a longuement détaillé Stefano Gatto dans des propos relayés par le quotidien Le Nouvelliste.
Toutefois, rien est encore officiel puisqu’aucune décision n’a été prise sur la question étant donné que tous les pays de l’Union européenne ne sont pas sur la même longueur d’onde par rapport à la question. « Les opinions divergent entre un groupe de pays qui demandent d’attendre et de suivre les Nations-unies et un autre groupe qui opte pour un régime autonome de l’Union européenne. On aura une décision d’ici la fin de l’été ou au début de l’automne », a rapporté le diplomate.
Depuis fin 2022, des pays comme les Etats-Unis et le Canada distribuent des sanctions à des personnalités de l’élite haïtienne qui auraient l’habitude de financer les gangs ou en seraient de connivence. Ce, pour essayer de limiter la violence des gangs et favoriser un retour de la paix et de la sérénité. Le diplomate est flou sur l’effet de ces sanctions. « Personnellement, à la fin de 2022, j’étais favorable à l’adoption des sanctions. Maintenant je suis un peu plus à l’écoute pour voir comment ça se passe. Parce que je ne suis pas tellement clair sur l’effet des sanctions », a-t-il reconnu.
Par: Daniel Zéphyr
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