PubGazetteHaiti202005

Alfredo Antoine annonce le dépôt d’une plainte contre la DCPJ 

@Tamarre Pierre

Trois mois après sa libération, l’ancien député de Kenscoff, Alfredo Antoine a brisé le silence ce mardi 12 aout 2025, pour dénoncer une arrestation jugée illégale et arbitraire, concoctée, dit-il, par l’ex directeur général de la PNH, Rameau Normil et d’autres personnalités dont l’agent exécutif intérimaire de la commune Massillon Jean. 

Arrêté par la DCPJ pour complot contre la sûreté intérieure de l’Etat, liens présumés avec les gangs armés, complicité d’assassinat et association de malfaiteurs, l’ex parlementaire a démenti les accusations de la direction centrale de la police judiciaire arguant qu’il n’a entretenu aucune relation ni de connivence avec des gangs criminels. 

Alfredo Antoine affirme que les enquêteurs de la direction centrale de la police judiciaire n’ont trouvé aucune preuve et même pas un échange avec un bandit en dépit de ses relevés téléphoniques. 

« J’ai passé un mois et quatre jours à la DCPJ, jusqu’à présent j’attends des indices irréfutables de l’institution policière prouvant ma participation dans les exactions des gangs armés dans la commune de Kenscoff », a-t-il martelé, affirmant que l’ex directeur général de l’institution voulait se venger à cause de son désaccord avec le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. 
« On ne peut pas m’imputer la responsabilité de l’envahissement de la commune de Kenscoff par des bandes criminelles, par le fait que je suis un proche du chef du gouvernement », a déploré l’ex député du peuple.

Pour laver son image et celle de sa famille, Alfredo Antoine annonce, à travers son cabinet d’avocat, qu’il va porter plainte, sous peu, contre les responsables de la DCPJ et d’autres personnalités dont un membre de l’ASEC Nazaire Joseph.

Il accuse ce dernier d’avoir accueilli des bandits de la coalition criminelle « Viv Ansanm », deux jours avant l’envahissement de la commune.

Plus loin, il a apporté des précisions sur les trois armes à feu dont deux fusils, des munitions, neuf téléphones, une tablette et une radiocommunication qui ont été confisqués chez lui par les enquêteurs de la DCPJ. Selon lui, il s’agit d’un fusil de chasse inoperationnel et un fusil 12 appartenant à la chambre des députés.  
   
Le 18 février, la police nationale d’Haïti a annoncé avoir émis notamment un avis de recherche contre l’ex-député de Kenscoff Alfredo Antoine. Cette décision faisait suite à l’arrestation de Lubens Roland alias « Ti Laroche », la veille à Delmas. Ce dernier serait très impliqué dans les récentes attaques menées par les gangs à Kenscoff, selon le porte-parole adjoint de la PNH, Lionel Lazarre.

« Le nommé « Ti Laroche » est un mécanicien qui habite à proximité de ma résidence, arrêté à Kenscoff sous l’ordre de Massillon Jean, contrairement aux informations de Lionel Lazarre, a précisé député Antoine. Il a été victime des traitements cruels par des agents de la DCPJ, pendant près de vingt-deux jours, suite à son refus de m’accuser injustement dans des actes criminels »

L’ex-député de Kenscoff affirme qu’il n’entend pas faire marche arrière dans la lutte pour déloger les gangs criminels dans sa commune. Il demande au nouveau directeur général de la PNH d’adopter des mesures drastiques afin de renforcer la présence des forces de l’ordre pour neutraliser les bandits. 

Alfredo Antoine a été relâché le vendredi 9 mai 2025 à la suite de son audition par le chef du Parquet de Port-au-Prince, Me Frantz Duclair, qui a ordonné sa libération, indiquant n’avoir obtenu aucune preuve contre l’ex-parlementaire. 

Léon Kersivil

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