Ratification du Premier Ministre:- L'opposition à la Chambre Basse démolie/Gary Bodeau comme un Buldozer

Submitted by gazettehaiti on Thu, 09/05/2019 - 11:50
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Port-au-Prince, le Mercredi Septembre 2019
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Editorial 


L'opposition branche institutionnelle à la Chambre Basse ne s'est jamais montrée à la hauteur de son combat, contrairement au groupe des 4 au Sénat. Du vote de la Déclaration de Politique Générale de Jean Henry Céant à Fritz William Michel, elle s'est montrée faible, voire questionable. Elle a eu toujours du mal à faire bouger les lignes. 

On s’en souvient, Jovenel Moise qui était en conflit ouvert avec son Premier Ministre d'alors Jean Henry Céant n'attendait que le moment ideal pour le faire partir via la Chambre des Députés. Etant au courant du plan, le Président du Sénat Carl Murat Cantave et d'autres Sénateurs qui soutenaient le Notaire se sont entendus pour devancer la Majorité Présidentielle à la Chambre basse. La Stratégie voulait qu"on organise une séance d'interpellation au Sénat et confirme le notaire à son poste et durant les six mois qui auraient suivi ce vote, Jean Henry Céant aurait été totalement hors de danger comme le veut la constitution en vigeur. 

Apprenant la nouvelle et profitant de l'occasion pour régler ses comptes avec Jean Henry Céant à qui il reproche de l’avoir insulté en sa résidence officielle, Gary Bodeau intervient et de manière surprenante fait un coup de pocker. La majorité interpelle le Fondateur de « Renmen Ayiti » le même jour et à la même date. A la suite de tout un débat constitutionnel, elle avait fini par éjecter le Premier Ministre Céant, alors qu’il se trouvait au Sénat. L’ absence de quorum au Grand Corps aidant, la Majorité sous la roulette de leur Président Bodeau avait fait sauter le Chef du gouvernement. Les Députés de l'opposition étaient ce jour-là méconnaissables. Après avoir annoncé qu'ils allaient tout faire pour empêcher le vote qu'ils jugeaient illégal, ils n'ont même pas pu tenir. Des Députés sur lesquelles tous les regards étaient fixés n'étaient pas au rendez-vous. Gwo van ti Lapli! 

Il fallait attendre les séances de mise en accusation et de la ratification du Premier Ministre nommé Fritz William Michel pour mesurer avec exactitude la limite de l'opposition à la Chambre Basse. Tout d'abord lors de la Séance de mise en accusation, ces 20 Députés accusateurs( sauf Manès, Bossé, Exantus, Deroneth) n'ont engagé aucun véritable combat face à la majorité. Après quelques heures de débats houleux, ils ont abandonné la salle et le Président Gary Bodeau avec le leadership qu'on lui connait et comme un Buldozer écrase leur rêve de voir Jovenel Moise jugé par la Haute Cour de Justice. 

Ils reviennent à la charge: pas question de séance de ratification de Fritz William Michel avant la reprise de celle relative à la mise en accusation, ont scandé les Députés accusateurs qui ont parallèlement exercé un pouvoir en Cassation contre la décharge accordée au PM par la CSC/CA. Là encore Le Député de Delmas allait trouver un moyen pour dérouter ses collègues de l'opposition. Il fixe la séance de ratification au mardi 3 Septembre au grand dame des révendications des Députés de l’opposition et tôt dans la matinée 4 d'entre eux ( Manès, Bossé, Exantus, Déoneth) ont mis à sac la salle de séance mais contrairement aux 4 Sénateurs, ne sont pas restés sur les lieux pour continuer à défendre leur action et aller jusqu'au bout. Et Gary Bodeau sans la moindre réaction dans la presse rentre en scène quelques heures et a réussi à faire fonctionner la Salle et acceuilli le Premier Ministre et son gouvernement sans trouver de résistance. Entre temps, sur les réseaux sociaux et dans certains médias, on parle de défection dans le camp de l'opposition. Certains auraient même négocié. Selon les rumeurs, l'un des plus virulents le Député Jean Marcel Lumérant et d'autres joueraient double jeu. Mais où étaient-ils passés? On  rapporte que le Député de Grand-Gôave qui, d’ailleurs, avait accepté d'intégrer la commission chargée d'étudier les dossiers des membres du gouvernement en dépit de son opposition à la ratification, a paradoxalement signé le rapport. Incohérence? 

Après une vaine et molle tentative d'empêcher la tenue de la séance, les 4 Députés accusateurs abandonnés par leurs pairs ont tout simplement quitté la Salle. Mais où étaient passés les 16 autres Députés de l’opposition ? A quel jeu jouaient-ils ? Si Sinal Bertrand s'est trouvé une excuse pour s'absenter, les autres étaient injoignables. Qu'est-ce qui aurait motivé ce revirement spéctaculaire alorsqu'ils étaient prêts à mourir pour défendre la constitution? Toutefois, ces Parlementaires ont des explications claires à fournir à la population. Leur avenir politique en dépend. 

Tout compte fait, une fois de plus, Jovenel Moise à travers sa majorité vient de prouver qu'il avait jusqu’à la dernière minute le contrôle de la situation. 

Quant à Gary Bodeau, il a prouvé une énième fois qu'il détient toujours les moyens de sa politique. En 4 ans de mandat, il a fait tomber 3 Premiers Ministres et en ratifier deux. Deux fois questeurs et autant de fois Président, le très controversé Député de Delmas a réussi, que l’on veuille ou non, à dominer cette 50ème Législature. 

Avec le vote de confiance à la Chambre des Députés Fritz William Michel a déjà un pied à la Primature. Mais qu'en sera-t-il du Sénat de la République où le Président Jovenel Moise semble avoir du mal à construire une solide majorité. Avant le remaniement du Cabinet du Premier Ministre Michel, 12 Sénateurs s’apprêtaient à voter contre sa Politique Générale. De son côté, le Groupe des 4 Sénateurs qui ont fait échouer Jean Michel Lapin annonce déjà les couleurs. Quelle sera donc leur stratégie? Qui vivra verra. 

Par Albert-Edner Georges