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Covid-19 : le monde « n’est pas prêt », selon la mission de l’OMS en Chine

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Le chef de la mission d’observation internationale du coronavirus en Chine loue la réponse apportée par Pékin à l’épidémie, qui a commencé à décroître dans le pays.

La Chine a réussi par des méthodes « à l’ancienne » et une énorme mobilisation à changer le cours de l’épidémie et à éviter des dizaines, voire des centaines de milliers de cas de Covid-19. Il faudrait s’en inspirer, mais « le monde n’est tout simplement pas prêt » à affronter cette menace. C’est en substance le message délivré, mardi 25 février, à Genève par le docteur Bruce Aylward, qui a dirigé la mission internationale conjointe, en Chine, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des experts chinois, qui vient de s’achever. Il a cependant délibérément laissé de côté les questions politiques et juridiques relatives à l’application de telles mesures.

Visiblement impressionné par l’échelle à laquelle les autorités chinoises ont déployé la riposte à l’épidémie et continuent de le faire, le docteur Aylward a souligné que « le monde [avait] besoin des leçons de la Chine. » Il a toutefois précisé que, bien que faisant partie de l’OMS, il ne s’exprimait pas au nom de cette institution. La décision de rendre public le rapport de la mission est entre les mains du directeur général de l’OMS et des autorités chinoises.

« Enorme mobilisation collective »

La mission résultait d’une « décision commune »du président chinois, Xi Jinping, et du directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Elle comprenait treize experts internationaux indépendants et douze experts chinois, et s’est tenue au pas de charge, allant de Pékin au Guangdong, au Sichuan et à Wuhan, foyer d’apparition de l’épidémie. « Nous avons rencontré des centaines de gens à qui nous avons posé des milliers de questions. Nous avons visité des hôpitaux, des gares, des aéroports. Nous avons vu des gens épuisés mais une énorme mobilisation collective », a décrit le docteur Aylward. En Chine, 80 % des cas sont bénins, 14 % sont sévères et 6 % critiques, a-t-il précisé.

Détaillant ce que la Chine a accompli face à un virus inconnu en janvier, le chef de la mission a résumé : « La Chine a utilisé des outils classiques et traditionnels en santé publique — identification des cas, recherche des contacts, distanciation sociale, restrictions aux déplacements — déployés à une échelle sans précédent dans l’histoire. » Une politique dont l’impact a changé le cours de l’épidémie, qui a atteint un plateau et décroît plus vite qu’on ne l’aurait pensé, a insisté le docteur Aylward. Ce n’est pas seulement à Wuhan et dans la province du Hubei que cette approche très agressive a été suivie. Elle n’a pas été répétée à l’identique dans les autres provinces, mais adaptée à chaque situation.

 


LA GAZETTE avec ( Le Monde.fr)

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