PubGazetteHaiti202005

Le Conseil de Sécurité de l’ONU autorise le déploiement d’une mission multinationale en Haïti

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Le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé ce lundi 2 octobre 2023 le déploiement d'une Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité en Haïti, dirigée par le Kenya. Cette décision a été adoptée un an après la demande formulée par le gouvernement du Dr Ariel Henry en vue de faire face aux violences des gangs.

 

Treize sur quinze des pays membres du Conseil de Sécurité ont voté pour, tandis que la Chine et la Fédération de Russie se sont abstenues. Les représentants des deux pays disent comprendre l’ampleur de la situation qui sévit en Haïti et l’urgence de cette dernière. La Russie estime qu’il s’agit d’une décision à l’extrême qui demande une règlementation adéquate. Elle croit aussi qu’il s’agit d’une décision prise à la hâte. La Chine, de son côté, estime que cette mission ne doit pas durer éternellement.

 

D’autres représentants du Conseil de sécurité des Nations Unies ont pris la parole après ce vote pour saluer l'adoption de la résolution. Les États-Unis ont annoncé que la mission prendra des mesures pour freiner le climat de violence tout en travaillant avec le Bureau d'intégration des Nations Unies en Haïti.

Le représentant du Mozambique a déclaré que la résolution montre clairement que le Conseil de sécurité a passé de la parole aux actes. De son côté, le Malte a annoncé avoir voté « pour » en raison des conditions catastrophiques dans lesquelles vivent les Haïtiens et les Haïtiennes, tandis que la Suisse estime que l'adoption de cette résolution est un signal de solidarité envoyé par le conseil à la population haïtienne.

De son côté, le ministre des affaires étrangères et des cultes Jean Victor Généus a remercié les pays ayant voté pour le déploiement de cette mission multinationale de soutien à la sécurité. « Plus qu'un simple vote, il s'agit en fait d'une expression de solidarité avec une population en détresse », a déclaré le chancelier haïtien, remerciant le gouvernement du Kenya d'avoir proposé de prendre les devants et aussi les Etats-Unis et l’Equateur, co-rédacteurs de la région. « C'est une lueur d'espoir », dit-il.

 

Selon Jean Victor Généus, l’adoption de cette résolution donne « de l’espoir aux millions de femmes, d’hommes et d’enfants sans défense qui ont besoin du rétablissement de la liberté, de la paix et de la sécurité et qui appellent depuis longtemps à l’aide la communauté internationale ».

 

Le Ministre des affaires étrangères a indiqué que la résolution adoptée par le Conseil de sécurité « respecte la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale d'Haïti ». Il a précisé que la résolution reconnaît que le gouvernement haïtien a la responsabilité première d'assurer la sécurité et la stabilité sur son territoire.

 

L’ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU Linda Thomas-Greenfield, dans un communiqué, n’a pas manqué de saluer l’adoption de cette résolution par le conseil de sécurité de l’ONU. « La mission témoigne de la capacité de l'ONU à galvaniser l'action collective, mais le vote d'aujourd'hui n'est que la première étape. Maintenant, le travail de lancement de la mission commence », a déclaré Linda Thomas-Greenfield. « Nous devons agir de toute urgence, car le peuple haïtien ne peut et ne doit pas attendre la paix et la stabilité qu’il mérite », a-t-elle ajouté.

 

Le président dominicain Luis Abinader qui s’est toujours montré favorable au déploiement d’une force multinationale en Haïti, a salué l’adoption de la résolution par le Conseil de Sécurité de l’ONU. « Nous saluons l'approbation par le Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution autorisant la Mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti. Des progrès significatifs pour la pacification d’Haïti ; Nous plaidons pour un processus définitif de développement institutionnel et économique pour les Haïtiens », a posté sur X le chef d’Etat dominicain qui s’est lancé dans une véritable offensive contre Haïti suite aux travaux de construction du canal sur la rivière Massacre que partage les deux pays. 

 

Dans un communiqué de presse paru ce lundi 2 octobre 2023 à l’issue du vote, le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti par l’entremise de sa Cheffe Maria Isabel Salvador a salué l’adoption de la résolution autorisant le déploiement d’une mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti. Pour Salvador, il s’agit « d’une étape positive et décisive pour ramener la paix et la stabilité dans le pays qui commence. »

Cette décision, selon Salvador, fait suite à un long plaidoyer du gouvernement haïtien, relayé par le Secrétaire général des Nations Unies, pour le déploiement d’une mission afin de mettre fin aux exactions des gangs et rétablir la paix et la sécurité. Toutefois, elle a tenu à préciser qu’il ne s’agit pas d’une mission onusienne.

 « Il est important de souligner que, contrairement aux missions internationales précédentes déployées en Haïti, la MMSS n’est pas une mission onusienne ». 


Néanmoins, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti lui apportera son soutien déterminé dans la limite de son mandat et dans le plein respect des décisions de l’État d’Haïti, ainsi que de la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme », précise la diplomate dans ce communiqué de presse.

 

Maria Isabel Salvador continue également d’encourager les acteurs politiques à faire œuvre qui vaille en vue d’ôter Haïti du bourbier dans lequel il patauge par leur esprit de compromis. « Haïti fait face à une urgence sécuritaire mais aussi humanitaire et socio-économique, et le monde politique haïtien doit se montrer à la hauteur des défis auxquels le pays et sa population sont confrontés », soutient-elle.

 

Selon les informations publiées par l’agence de presse EFE noticias, on ne doit pas s'attendre à un déploiement immédiat, mais plutôt que ce processus prendra « plusieurs mois » avant que les agents ne commencent à investir le pays. Dans une interview accordée au média BBC News, le chancelier kenyan Alfred Mutua avait mis à janvier 2024, le déploiement des troupes dans le pays.

 

Cette mission a une durée d’un an, selon la résolution adoptée. Après neuf mois, des rencontres seront réalisées pour évaluer le travail de la mission multinationale de soutien à la sécurité sur le terrain.

 

 

 

Par: Daniel Zéphyr

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