EDUCATION:- Le Collège du Canapé-Vert badigeonné de matières fécales/ Le cri de Madame Franck Paul

Submitted by gazettehaiti on Tue, 11/19/2019 - 09:55
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PORT-AU-PRINCE, Le 19 novembre 2019
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«Ce matin j'ai eu la mauvaise surprise de me reveiller un 18 novembre avec une nouvelle aussi improbable, mais qui est arrivée quand même », a déclaré Madame Franck Paul avec un sourire qui cache une amertune. Les locaux du Collège du Canapé-Vert ont été badigeonnés de matières fécales. 

« Il faut qu'on fasse un appel pour que les gens respectent les écoles et c'est déjà assez qu'elles soient fermées, ce qui est vraiment une catastrophe », a lancé la Directrice de cette institution dotée d'une bonne réputation en Haiti.

Depuis plus de deux mois toutes les écoles du pays sont fermées. Largement affectée dans un premier temps à cause de la pénurie de carburabnts empêchant aux élèves d'avoir accès au pain de l'instruction, l'école allait totalement fermer ses portes avec la crise politique et le climat de tension quotidien qui s'abat sur le pays. 

Tout étant fermées, certaines écoles sont attaquées par des individus le plus souvent non-identifiés. Dans ces genres d'attaques contre les établissements scolaires, l'oppostion et le pouvoir s'accussent mutuellement. 
Après les soeurs de Ste Rose de Lima à Lalue, c’est le tour du Canapé-Vert qui a été badigeonné de matières fécales dans la nuit du 17 au 18 novembre. Madame Franck Paul dont l'école a contribué à former des générations d'élèves a été surprise de cette mauvaise nouvelle le jour de la célébration de la bataille de Vertières. 

Selon ses déclarations difusées sur Toutube, ceux qui ont jeté des excréments humains sur la barrière et la cour de l'école ont pris le temps qu'il faut pour exécuter leur forfait.

« Ce matin j'ai eu la mauvaise surprise de me reveiller un 18 novembre avec une nouvelle aussi improbable, mais qui est arrivé quand même », a déclaré Madame Franck Paul avec un sourire qui cache une amertune. 

« Il faut qu'on fasse un appel pour que les gens respectent les écoles et c'est déjà assez qu'elles soient fermées, ce qui est vraiment une catastrophe et maintenant même quand elles sont fermées on persécute encore », a renchérit l'institutrice aujourd'hui octagénaire prônant la réouverture des classes.

Pour Madame Paul, ces actions sont révoltantes et inutiles. Elle se demande pourquoi, même si elle reconnait que la plupart des gens qui agissent de la sorte ont été déshumanisés et abandonnés. Toutefois, elle réclame un peu de sécurité pour les institutions qui rendent service à la république. Et quant à cette réouverture, la directrice du Collège du Canapé-Vert n'y va pas par Quatre Chemins : « c'est à l'Etat d'assumer ses responsabilités car, précise-t-elle, les écoles ne peuvent prendre sur leurs responsabilités la sécurité des enfants. On ne peut pas continuer à garder les écoles fermées dans un pays où il n'y as même pas assez d'écoles et surtout de bonnes écoles », lance-elle.

De mémoire d'institutrice, elle se rappelle qu'on a dû fermer les écoles en 3 occasions. En avril 1960 quand Duvalier s'en prenait à des opposants politiques après une attaque contre son fils Jean Claude au Collège Bird, les écoles étaient fermées jusqu'à la réouverture en octobre, après le séisme du 12 Janvier 2010 elles l'ont été pour 4 mois. Après le Coup d'Etat du 30 Septembre 1991 contre Jean Bertrand Aristide, les écoles étaient fermées jusqu'en janvier. Pour cette année scolaire, à plus de deux mois de fermeture, les autorités n'ont encore rien dit de précis. Elles tablent sur Décembre ou Janvier si la situation politique le permet bien sûr.

Madame Franck Paul assise sur sa chaise en paille après avoir nettoyé son étabilssement scolaire vieux de dizaines d'années dit esperer que l'Etat organisera un nouvel horaire permettant aux écoliers de rattraper le temps perdu. Elle ne veut pas de bac allégé et elle rejette l'idée en vogue dans certaines écoles selon lesquelles on peut permettre aux élèves de suivre les cours à partir des nouvelles technologies de la communication. « On ne peut pas improviser une école à l'aide des nouvelles technologies. Il faudrait toute une préparation pour cela », a conclu madame Franck Paul qui malgré son âge tient à la fromation des générations futures.

La Gazette