INTERNATIONAL/BOLIVIE:- Evo Morales annonce la convocation d’une nouvelle élection présidentielle en Bolivie

Submitted by gazettehaiti on Sun, 11/10/2019 - 10:14
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PORT-AU- PRINCE, Le 10 novembre 2019
(www.gazettehaiti.com)

 

Dix-neuf jours après le début des manifestations contre sa réélection, le chef d’Etat bolivien a promis dimanche un nouveau scrutin.


« Cette décision prise, j’appelle à faire baisser la tension. » Dix-neuf jours après le début des manifestations contre sa réélection contestée pour un quatrième mandat, Evo Morales a finalement cédé. Le chef de l’Etat, à la tête du pays depuis 2006, a annoncé, dimanche 10 novembre lors d’une conférence de presse, la convocation d’un nouveau scrutin présidentiel. Le dirigeant de 60 ans avait jusque là ignoré les accusations de fraudes qui planaient sur le vote du 20 octobre.

Plus tôt dans la journée, le secrétariat général de l’Organisation des Etats américains (OEA) avait demandé cette annulation, sur la base d’un audit de l’élection qui montrait des « manipulations du système informatique d’une telle ampleur qu’elles doivent faire l’objet d’une enquête approfondie de la part de l’Etat bolivien » :

« Le premier tour des élections du 20 octobre doit être annulé et le processus électoral doit redémarrer de nouveau, avec un premier tour organisé dès que sont mises en place les conditions donnant des garanties de son déroulement, au premier rang desquelles la composition d’un nouvel organe électoral. »

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Le tribunal électoral suprême renouvelé

Face à ces vives critiques, Evo Morales a annoncé dimanche sa décision de « renouveler l’ensemble des membres du Tribunal électoral suprême [TSE] », accusés par les manifestants de complaisance à son égard. Les nouvelles élections, dont la date n’a toutefois pas été précisée, « permettront au peuple bolivien d’élire démocratiquement de nouvelles autorités », a-t-il promis. Evo Morales n’a pas précisé s’il serait lui-même candidat ou non lors du nouveau scrutin.

De vastes manifestations avaient débuté le soir du premier tour, à La Paz, lorsque le Tribunal électoral suprême avait interrompu la publication des projections, et ce alors qu’un second tour entre Evo Morales et Carlos Mesa, son plus proche adversaire, semblait se profiler. Le chef de l’Etat sortant avait finalement été proclamé vainqueur avec un peu plus de 10 % d’avance sur Carlos Mesa, le propulsant pour un nouveau mandat jusqu’en 2025.

Aussitôt, la résultat du scrutin avait été qualifié de frauduleux par l’opposition, et la foule en colère était sortie dans les rues du pays. La vague de contestation qui secoue le pays depuis trois semaines a fait trois morts et 200 blessés. L’administration avait bien tenté d’apaiser la situation, en acceptant notammet que l’OEA enquête sur le scrutin, mais les signes d’aggravation de la situation se multipliaient ces dernières heures, avec des mutineries d’unités policières et l’occupation de médias d’Etat par des manifestants.

Des évolutions qui avaient conduit Evo Morales a mettre la population en garde contre le risque de putsch. « Notre démocratie est en danger à cause du coup d’Etat en cours que des groupes violents ont lancé contre l’ordre constitutionnel », avait écrit M. Morales sur Twitter vendredi soir.


La Gazette avec Le Monde