PubGazetteHaiti202005

Bois-Caïman où le destin de notre peuple saigne

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Aujourd’hui ramène le 229ème anniversaire de la cérémonie du Bois Caïman qui a eu lieu dans la nuit du 14 au 15 Aout 1791. Pour un pays, c’est un acte fondateur voire majeur pour comprendre ses rapports avec les autres.

Malheureusement pour nous, si nous sommes incontestablement les vainqueurs de l’histoire que nos braves ancêtres l’ont immortalisée avec des fougues qu’eux seuls ont su le faire, il faut aujourd’hui être honnête et reconnaitre sans ambages que nous sommes aussi des vaincus mémoriels sinon Bois Caiman aurait été la Mecque des Nègres, lieu de pèlerinage pour tout peuple en quête de liberté. Oui le lieu par excellence où chaque fois qu’un étranger pose les pieds sur le sol sacré de la patrie, il  devrait venir se courber ici en forme de respect non seulement pour nos célèbres devanciers mais aussi pour nous qui sommes leurs continuateurs. Mais hélas! mes mots se sont perdus, inexistants pour parler de notre ingratitude légendaire à l’égard de nos titans dont les bras avaient conquis la liberté pour tous les Nègres de la Terre. Par ailleurs les épopées de 1803 qui ont porté sur les fonts baptismaux Haïti furent sanglantes comme toutes les entreprises de libération d’un pays à l’esclavage. Quelle place réservée à la cérémonie du bois caïman qui a vu des hommes abrutis par plus deux siècles de servitude absolue pour enrichir les colons européens. Dans cette cérémonie du Bois Caïman où des esclaves s’étaient rassemblés pour jurer de briser leurs chaînes. Déjà se profilaient à l’horizon les futurs chefs de l’armée de libération nationale tout en couleur et en diapason d’une revendication humaine qui catapultait tout sur son passage. C’était une première et aujourd’hui grâce aux travaux des historiens, nous savons que Bois Caïman n’était pas une invention de l’Histoire encore moins un mythe fondateur de notre histoire. Que des dirigeants qui cherchent à parler à l’imaginaire de leurs peuples inventent à tout bout de champs des histoires à dormir debout pour se donner l’illusion d’une grandeur, rien de tel en Haïti. Bois Caïman défie le temps, comme plus d’une centaines de lieux qui n’attendent que nous pour asseoir notre histoire sur son piédestal. La thèse du défunt spécialiste de littérature haïtienne, le professeur Stanley Hoffman a été battue en brèche. Selon lui la Cérémonie du Bois Caïman était un mythe, ce qui avait attiré une réplique cinglante du grand écrivain Haïtien Jean Metellus.   

Duty Boukman présidait la cérémonie. A la fin une résolution a été mise sur la table: tous juraient de mourir en hommes et femmes libres au lieu de vivre couchés sous la férule des esclavagistes européens. Cette réunion a eu une suite logique car 10 jours après, premiers coups de semonces de l’histoire, nos frères africains déportés à saint Domingue s’étaient révoltés inaugurant la première rébellion enregistrée dans les ciels sereins de l’esclavage qui perdurait déjà depuis plus de deux siècles. Cette nuit-là un jalon venait d’être posé et les futurs signataires de l’acte de l’indépendance étaient déjà là. La guerre de libération nationale issue de la cérémonie du Bois Caïman avait accouché des stratèges hors pair que l’on avait vu défiler sur le théâtre de nos guerres : Crêtes à Pierrot où les deux héros haïtiens Dessalines et Toussaint Louverture étaient côte à côte pour faire mordre la poussière aux hommes du général Rochambeau.

Que la jeunesse de mon pays se rappelle ces hommes qui ont fait l’histoire et qui l’ont exportée loin de leur territoire au nom d’un idéal, liberté. Que des non patriotes disent des bêtises sur la cérémonie du Bois Caïman chaque fois qu’on leur tend un micro, cela se comprend car certains étaient éduqués dans un but unique de liquider les mémoires de nos ancêtres. Qu’en ce jour mémorable nos pensées aillent vers ceux qui avaient planté cet espoir que d’autres ont fait germer. Nous aujourd’hui que faisons-nous? resterons-nous toujours aussi passifs devant des agents internationaux qui liquident la maison d’Haïti?

Maguet Delva 

Paris, le 14 Août 2020

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