PubGazetteHaiti202005

Un Groupe d’Observateurs du Sit-in du 6 Juillet 2020 dit craindre des velléités dictatoriales du président Jovenel Moise

Sit-in Nou Pap Dòmi devant le MJSP (Archives)

Dans leur rapport de travail, le groupe d’observateurs du sit-in du 6 juillet 2020 devant le Ministère de la Justice dénonce la façon dont la manifestation, qui se déroulait pacifiquement, a été dispersée par des agents de la Police Nationale. Ils y voient une tentative de musèlement et une grave violation de la liberté d’expression dans le pays. Le Groupe est composé des écrivains Kettly Mars et Lyonel Trouillot et le journaliste Hérold Jean-François.


« Cette manifestation s'est déroulée dans une ambiance saine, sans aucune agressivité ni agression contre des automobilistes qui entraient et sortaient dans les locaux  du MJSP », expliquent les membres du groupe d’observateurs du sit-in. Ils expriment leurs vives inquiétudes quant à l’intention réelle des autorités qui ont violement réprimé le sit-in qui se déroulait pacifiquement devant le siège du MJSP il y a environ une semaine. « Nous étions déjà sur place quand les manifestants arrivaient. Banderoles, pancartes avec divers messages, sous l'animation de la musique engagée diffusée par une camionnette stationnée juste avant la barrière principale du Ministère. Ambiance bon enfant dans l'exercice d'un droit démocratique garanti par la Constitution en ses articles 16-28 et 31… Cette manifestation s'est déroulée dans une ambiance saine, sans aucune agressivité ni agression contre des automobilistes qui entraient et sortaient du Ministère de la Justice », racontent les observateurs.

Le Groupe d’Observation juge inopportune l’intervention des agents de la PNH, car les organisateurs, participants et observateurs du sit-in étaient attentifs aux moindres faits et gestes des manifestants, pour préserver et maintenir le caractère pacifique de ce rassemblement. Question, selon les membres du groupe, d’éviter tout dérapage qui aurait pu fournir un prétexte aux autorités et à la police, très peu tolérantes ces temps-ci quant à l'exercice des droits civiques et politiques qui sont interprétés comme autant d'irritants pour justifier la brimade desdits droits par un usage abusif du gaz lacrymogène, de tirs à balles réelles d'unités spécialisées de la Police Nationale. « Par cette action le gouvernement a violé le droit de la population de manifester et de s’exprimer, lequel droit est garanti par la Constitution. Une tentative de musèlement de l’expression à travers des réunions publiques », estiment les membres du groupe.

 « Cette intervention inopportune de la police nationale pour disperser un sit-in d’une organisation de la société civile qui l’avait notifié et annoncé, n’est rien moins qu’une menace sur l’exercice d’un droit démocratique garanti par la Constitution en vigueur... une volonté de retour en arrière, pour l’établissement d’un pouvoir autoritaire, répressif et violateurs des droits civils et politiques », concluent les observateurs dans leur rapport d’observation. Ils invitent la société haïtienne à ne pas se laisser faire rappelant que le droit de manifester et de s’exprimer est un des acquis démocratiques. Aux initiateurs de ces genres de mouvements particulièrement, ils demandent de ne pas se laisser intimider et de continuer à organiser des manifestations dans le respect de la loi mère.

Le PDG de Radio Ibo attire l’attention sur le fait que moins de 24 heures après la répression du sit-in, plusieurs groupes armés de la Capitale ont défilé armes à la main au bas de la ville sous le regard passif de la police nationale. Il fait remarquer que toute manifestation armée est interdite par la Constitution. 

 

 

Par Diego O. Charles
Lezec15@gmail.com

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