Ferme Latortue

Protestation des policiers, le Ministre de la Justice y voit une tentative de coup d'état

Jean Roody Aly


Le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, MJSP, condamne les actes de violences enregistrés à la Capitale, le dimanche 23 fevrier en cours, ayant causé des morts et des blessés par balles et dénonce une tentative de coup d'Etat contre le président Jovenel Moise.

En effet, dans une note de presse publiée ce lundi, le MJSP dit exprimer ses plus vives préoccupations face aux nombreux incidents enregistrés et qui sont contraires à la devise de la Police Nationale d'Haïti qui est de " protéger et servir " . « Les attaques orchestrées contre le quartier général des Forces Armées d'Haïti faisant blessés et morts, ainsi que contre la presse, notamment les incendies des véhicules et de génératrices de Radio Télévision Caraïbes et les agressions contre ses locaux sont autant d'actions néfastes enregistres ce 23 février 2020 », dit le communiqué.

Le MJSP dit condamner fermement « ces actions, qui s'apparentent à une récupération politique du mouvement des policiers, car il s'agit, de plus en plus, d'une tentative de coup d'Etat contre le président de la République élu légitimement par le peuple haïtien ». Le ministère de la justice exprime donc sa solidarité aux médias, en général, et Radio Télévision Caraïbes en particulier. « On ne saurait tolérer aucun acte tendant à remettre en question la liberté d'expression et une presse libre et indépendante si chèrement acquises », a poursuivi la note.

Le MJSP croit que les revendications des policiers, aussi légitimes qu'elles soient, ne peuvent aucunement justifier ces actes horribles qui se renouvellent de plus en plus, exposant ainsi la sureté de l'Etat et violant les droits de paisibles citoyens dont les vehicules sont confisqués et leur libre circulation perturbée. 

« En dépit des dispositions prise par le gouvernement pour juguler la crise, des individus se présentant comme des policiers protestataires accompagnés d'individus encagoulés et armés, vont jusqu'à s'attaquer à des soldats et des policiers en service, sous prétexte de défendre des droits », tempête le MJSP toujours, selon cette note estimant qu'il s'agit d'un paradoxe qui requiert des forces vives de la société et des policiers un questionnement des vrais motifs de tels actes.

" Quel peut être l'avenir du pays et de l'institution policière quand des agents de l'ordre utilisant leur statut et les équipements de l'Etat qui leurs sont confiés pour servir et protéger la population, s'associent avec des individus de tous poils, illégalement armés, pour agresser les citoyens et leurs frères d'armes de la PNH et des FAd'H? ", s'est questionné le MJSP.

Le ministère exhorte les policiers à la réflexion et à se ressaisir tout en privilégiant la voie du dialogue et la résolution paisible de cette crise. Et, comme le veut la déontologie policière, les protestataires doivent se rappeler de leur serment de prioriser l'intérêt général, qui leur enjoint à protéger et à servir la population et d'agir en toute circonstance dans le cadre de la loi pour faire régner l'ordre et la paix publique.

Entre-temps le directeur général de l'institution policière, Rameau Normil, dans une déclaration à la presse, a indiqué avoir mis sur pied une commission de dialogue chargée de réfléchir sur les principales revendications des policiers protestataires en vue de résoudre cette crise. Il les exhorte donc à regagner les rangs et de reprendre du travail afin de continuer à sécuriser la population.

 

Par D.O.C

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