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#CORONAVIRUS:- "Je suis un privilégié" : le témoignage exclusif d’un patient du Pr Raoult, traité à la chloroquine

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François David, 59 ans, est hospitalisé depuis le 17 mars à Marseille, dans le service des maladies infectieuses du Pr Raoult. Loin des controverses agitant le monde médical, il se réjouit de faire partie de la deuxième vague de patients traités à la chloroquine.

La voix est éraillée, différente de celle que ses amis lui connaissent. Des quintes de toux sèche interrompent à intervalle régulier une envie de témoigner. C’est que François David, d’ordinaire enclin à distiller des blagues à la moindre occasion, en a gros sur la patate. Voilà cinq jours qu’il est hospitalisé.

Pour lui, comme pour plus de 250.000 personnes recensées à travers le monde, la rencontre avec le Covid-19 s’est manifestée par des frissons, une montée de fièvre et un gros coup de mou. La nuit de dimanche à lundi a été éprouvante : « Même si je n’avais pas de gêne respiratoire, j’ai tout de suite pensé à cette saleté de virus », raconte François, qui joint d’abord par téléphone un ami médecin. « Comme je suis diabétique et que j’ai eu un infarctus, il m’a fait une ordonnance pour aller au service de dépistage, à l’hôpital de la Timone. Il y avait du monde… On m’a mis un gros coton-tige dans une narine et on m’a prévenu que j’aurai le résultat le lendemain sur une plateforme en ligne, avec un numéro de dossier. » Dans l’intervalle, François gamberge. Le mercredi précédent, il assistait à un meeting de campagne pour les municipales à Marseille, et il vient d’apprendre que des personnes qu’il y a croisées sont porteuses du coronavirus. Et le mardi matin, le verdict tombe sur son écran d’ordinateur. Positif. Mais le confinement absolu et le port du masque de rigueur s’avèrent néanmoins insuffisant pour ce patient au dossier médical chargé.



À midi, son portable sonne. C’est l’hôpital. Un médecin l’appelle à se présenter sans tarder à la Timone. « Je me suis retrouvé devant une porte grise, fermée et dénuée du moindre affichage. Quand j’ai appelé le numéro indiqué, un médecin équipé d’un masque m’a ouvert. » Direction l’isolement, dans une chambre du service des maladies infectieuses du professeur Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection et membre du Conseil scientifique dédié au coronavirus.

Le même jour, le ponte marseillais dévoilait les premiers résultats positifs de ses essais cliniques : le professeur Raoult a élaboré un cocktail médicamenteux qui associe la chloroquine, un traitement anti-paludique, à l’azithromycine, un antibiotique contre la pneumonie bactérienne. Sur 24 patients atteints du coronavirus, les trois quarts ne seraient plus porteurs du virus après six jours. Après avoir fait la sourde oreille au discours scientifique de Raoult – un temps qualifié de « fake news » par les Décodeurs du Monde, le ministère de la Santé donnait enfin son feu vert à l’extension de cet essai clinique.

« J’espère tester un médicament miracle », écrivait justement mercredi dernier sur sa page Facebook François David, totalement imperméable aux suspicions de dangerosité émis par quelques médecins. « Qu’est-ce que je risque ?, répond-t-il à Marianne. De toute façon, j’ai l’habitude de tester de nouveaux médicaments : il y a quelques années, j’ai eu une hépatite C qui était considérée comme incurable. Et puis j’ai fait partie des premiers malades placés sous trithérapie, pendant dix mois. Ça m’a sauvé… Alors aujourd’hui, je fais confiance à des grands médecins comme le professeur Raoult. J’ai la chance d’être ici, je suis un privilégié », assure François, dont les pensées se tournent aussi vers les autres malades qui n’ont, pour l’heure, par reçu ce traitement. Son protocole ? « Une jeune médecin m’a expliqué comment ça allait se passer et la chimie de cette thérapie, glisse-t-il. Je n’y comprenais rien, mais peu importe. Elle faisait preuve d’une patience et d’une pédagogie plus que touchante… » Dès le lendemain, le traitement commençait.

Chaque matin, à 4h30, le personnel soignant pénètre dans sa chambre, protégé par des blouses, des gants et des masques, pour un nouveau test destiné à évaluer l’évolution quotidienne du taux de contagion. « Les masques cachent leur sourire, mais leurs yeux en disent long, comme leurs cernes », souffle François, au bord des larmes lorsqu’il évoque le « dévouement admirable, la bienveillance et le courage du personnel hospitalier » dont il n’oublie pas « les aides-soignantes, ces gamines qui viennent changer mes draps et disent toujours un mot gentil. Elles risquent de chopper de truc pour 1.200 euros par mois ! »




LA GAZETTE avec (Marianne)

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